En ce jour de Pâques, nous nous rassemblons ce matin, riches de ce que nous avons vécu lors de cette semaine sainte, ensemble lors de nos temps de prières puis dans chacune de nos communautés ces trois derniers jours. Riches de nos traditions, de nos cultes différents, ce matin nous sommes là, animés par une même espérance : le Christ est ressuscité.
Oui et quelle espérance ! Imaginons à quel point Marie Madeleine et Marie se rendent au tombeau le cœur lourd, les yeux rougis par les larmes. Elles viennent de perdre Jésus qu’elles aimaient tant ! La mort a frappé à la porte, l’injustice également. Il a été méprisé, humilié, insulté, flagellé et condamné à mort. Elles ont vécu tout cela. Un innocent est mort sur la croix, injustement de la manière la plus cruelle qui soit. Il a été déposé dans un sépulcre ; Une pierre dense, lourde, froide s’est refermé sur le Christ Jésus.
Parfois dans nos vies, dans nos familles, dans nos communautés, le tombeau semble aussi se fermer. Nous vivons parfois des situations qui semblent ne pas avoir de solution, pas d’avenir. Mais dans l’obscurité de nos tombeaux, Dieu agit ! Comme Il va agir ce matin-là au tombeau ! Oui alors que la peine de ces femmes est incommensurable, quelque chose se passe : la terre se met à trembler. Le ciel s’ouvre, un ange en descend, vêtu de blanc ! Comme ce blanc devait accrocher la chaude lumière des cieux ouverts et devait contraster avec l’obscurité et la froideur du sépulcre ! Les femmes ont peur, des gardes plus loin qui ont senti la terre trembler sont terrorisés aussi. Mais la voix de l’ange les rassure et leur annonce la Bonne Nouvelle : ne craignez pas, le Christ est Ressuscité. Venez voir de vos yeux et allez le dire aux disciples !
Oui , la pierre qui a été roulée du tombeau nous rappelle que rien n’est figé pour Dieu. Il vient nous délivrer quand nous ne trouvons plus la sortie et nous relever quand nous sommes abattus par le poids de nos fardeaux. Son Fils Jésus est ressuscité. Il a vaincu la mort. C’est la Victoire de la Joie sur la Peine, de la Vie sur la mort, de la Lumière sur les Ténèbres, du Bien sur le Mal.
Jésus lui-même vient à la rencontre des deux femmes et les missionne d’aller parler aux disciples. Que d’émotions pour elles ! En peu de temps, ces femmes passent de la peur à la confiance , de la tristesse à la joie , de la paralysie au mouvement . Oui car elles vont se mettre en chemin. Elles ne gardent pas la nouvelle pour elles. Elles sont missionnées par le Christ lui-même ! Elles ressentent la Joie de la Mission.
Mais tandis que les femmes vont partager la Joie de la Bonne Nouvelle, les gardes vont voir les grands prêtres pour raconter ce qu’ils ont vu. Le choix de ces hommes est autre : ils vont préférer le silence aux cris de Joie, le mensonge à la vérité. Corrompus par l’argent, le message sera tu …
Cela nous questionne :
Autour de nous, il y a aussi des croyants fervents qui sont porteurs d’une joie qui se partage, des convaincus ; mais il y a aussi d’autres personnes qui sont cherchent encore, hésitent et parfois s’égarent. Et nous, où en sommes-nous ? Revenons aux femmes. Transportées de Joie elles ont tout raconté aux disciples qui se rendent en Galilée , dans la montagne. Jésus est là. Ressuscité, il se manifeste à eux. Les disciples le voient se prosternent mais Mathieu nous dit que certains ont encore des doutes. Malgré tout, Jésus fait confiance. Il connaît les qualités et les imperfections de ses disciples mais il croit en eux. Sereinement, il leur rappelle qu’il est le roi du Ciel et de la Terre, qu’iI rassemble, qu’il Sauve . Il les met en mouvement , il les envoie « partout faire des disciples et baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit». En même temps il les rassure : alors qu’ils pensaient l’avoir définitivement perdu, il promet de rester avec eux pour toujours, jusqu’à la fin du monde. Ils ne seront plus jamais seuls.
Quelle formidable espérance la Résurrection du Christ ! Il est Vivant pour toujours ! Alleluia ! Cette espérance du Christ Vivant a été portée par l’ange aux femmes, puis par les femmes aux disciples puis par les disciples aux nations… Il nous faut chers frères, comme le Christ le demande, ne pas être tournés sur
nous-mêmes ou sur nos seules communautés mais aussi sur le monde, ce monde qui a tant besoin d’ une parole, d’un geste, d’une présence d’espérance de notre part ! Devant les signes de la Résurrection, faisons le choix de ne pas vivre une foi silencieuse, enfermée, habituelle, qui s’éteint mais d’être porteurs d’une joie qui se partage !
Je terminerai par les Mots du pape François dont nous apprenions la disparition il y a un an ici même . Ce sont les paroles qu’il a dites le jour de Pâques , quelques heures avant de rejoindre le Christ : Aujourd’hui, l’Alléluia résonne enfin dans l’Église, se répercutant de bouche en bouche, de cœur à cœur, et son chant fait couler des larmes de joie dans le peuple de Dieu du monde entier. Du tombeau vide de Jérusalem nous parvient l’annonce sans précédent : Jésus, le Crucifié, « n’est pas ici, il est ressuscité » (Lc 24, 6). Il n’est pas dans le tombeau, il est vivant ! L’amour a vaincu la haine. La lumière a vaincu les ténèbres. La vérité a vaincu le mensonge. Le pardon a vaincu la vengeance. Le mal n’a pas disparu de notre histoire, il restera jusqu’à la fin, mais il n’a plus le dessus, il n’a plus de pouvoir sur ceux qui accueillent la grâce de ce jour.