
Le discours de la St Valentin Brigitte Schick de Philippe Gross, président de la fabrique Saint Léger en présence de Monseigneur Delannoy, Archevêque de Strasbourg.
Chers amis, frères et sœurs
Permettez-moi, au nom du conseil de fabrique de la paroisse St Léger de Guebwiller, de Norbert, notre curé retenu par ailleurs pour raisons de santé, de vous souhaiter la bienvenue à l’occasion de cette traditionnelle messe de la Saint Valentin.
Nos chaleureux vœux de bienvenue et de remerciements, s’adressent bien sûr en priorité à Mgr Delannoy, archevêque de Strasbourg, mais aussi au père Thomas Ziegler qui concélébrera cet office, à Mme Papirer coordinatrice pastorale à l’évêché, à Monsieur Roland Kaufmann, pasteur de la paroisse réformée de Guebwiller, à Monsieur Klinger, sénateur du Haut-Rhin, à Monsieur Kleitz, maire de Guebwiller ainsi qu’à tous les membres de la municipalité et du conseil municipal, à mon camarade Bernard Fimbel, président du conseil de fabrique de la paroisse Notre Dame et à chacun d’entre vous, en vos rangs et fonctions.
Enfin, je ne saurai terminer cet accueil, sans avoir une pensée pour Norbert, notre curé, à qui j’adresse nos plus sincères salutations, en lui souhaitant une prompte guérison.
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Monseigneur, savez-vous pourquoi les Guebwillérois sont tellement attachés à ce jour de la Saint Valentin ? Parce que d’une part, cette commémoration perdure depuis le 14 février 1455, et que d’autre part, cette cérémonie religieuse est célébrée chaque année à cette date et permet aux chrétiens de la paroisse de se retrouver pour un moment spirituel et convivial. C’est pourquoi, on dit d’eux qu’ils ont l’art maniaque.
Mais de quoi parlons-nous exactement ? D’une soirée qui s’est déroulée il y a longtemps, au cours de laquelle, la ville en sombrant dans un profond sommeil a laissé le champ libre à une attaque d’Armagnaques maniaques insomniaques qui ne manquaient pas de niaque et qui s’apprêtaient à transformer en quelques coups d’épée la destinée de la capitale du Florival, en capitale du Flori…gnac.
Et bien non ! Le cours de l’histoire a été dévié par une femme (certains dirent avoir vu une apparition de la vierge Marie), qui, se promenait, un beau jour ou peut-être une nuit, sur les remparts de la ville. Voyant l’attaque armaniaque se lancer, elle réveilla la population endormie et parvint ainsi à faire battre l’ennemi en retraite.
Trouvant à cette débâcle un arrière goût quelque peu saumâtre, les Armagnacs prirent la fuite en laissant derrière eux ces échelles, suspendues dans le collatéral. Certains esprits qu’il ne nous appartient pas de qualifier, affirment qu’il s’agirait d’une opération de communication montée spécialement pour votre venue, Monseigneur, par le conseil de fabrique et qu’elles seraient gravées au nom d’une célèbre marque de mobilier suédois. Je peux vous certifier qu’il n’en est rien. Elles constituent réellement le symbole de la révolte, de la victoire des Alsaciens sur l’ennemi, autrement dit, du schnaps sur l’armagnac.
A ce jour, et au-delà de l’anecdote, que nous reste-t’il de cette intervention de Brigitte ?
Tout d’abord, un enseignement moral, voire sacré, qu’il appartient à chacun d’entre nous d’analyser, de commenter à la lumière de thèmes comme le sacerdoce, où l’esprit de communauté sur fond de bruits de bottes. Nous nous réjouissons, Monseigneur, d’entendre votre point de vue à ce sujet.
Parallèlement, le conseil de fabrique, constitué d’une équipe admirable et totalement dévouée que je tiens tout particulièrement à remercier, voit, pour sa part dans cette somptueuse église romane du XIIème siècle, la partie plutôt matérielle de l’héritage de Brigitte.
Avec Monsieur le maire, que devant vous, Monseigneur, je remercie pour son soutien actif, sans oublier toute la communauté paroissiale pour le soutien moral et financier qu’elle nous apporte, pourquoi pas avec vous, Monsieur le sénateur que j’aurai grand plaisir à remercier l’année prochaine, nous pouvons attester que, contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord, les Armagnacs sont toujours présents, hors d’âge, certes, mais bien présents.
Ils se nomment végétations sur les toits, gouttières qui fuient, beffroi qui cloche, infiltrations sournoises d’eau qui ne sont pas bénies, envahissement de la sacristie par un champignon non hallucinogène, la mérule, mais qui fait halluciner, ce qui est stupéfiant quand on sait que l’église Saint Léger est notre seule héroïne, remise à niveau de l’éclairage, sous peine pour Norbert, de devoir célébrer à terme, ses messes à la lampe frontale. Sans oublier la distraction du presbytère.
Comme Brigitte, nous lancerons autant d’alertes qu’il le faudra pour que soient mises en œuvre les mesures nécessaires à la préservation de ce joyau qui, année après année subit, lui aussi, les affres du temps.
L’entretien et les réparations ne se feront qu’au prix d’un engagement collectif, massif et raisonné, en collaboration étroite avec les services compétents, de sorte que, année après année, les catholiques de Guebwiller, puissent continuer à vivre et à exprimer leur foi, à l’ombre bienfaisante de ces voûtes romanes… et des échelles de Brigitte Schick, en toute sécurité.
Avant de vous céder la parole, Monseigneur, permettez-moi à nouveau et au nom de la communauté catholique de Guebwiller de vous redire la joie et la fierté que nous avons de vous accueillir ici-même, à Saint Léger, où vous allez maintenant célébrer l’eucharistie.
Comme la tradition le veut, vous êtes tous invités à l’issue de la célébration au vin d’honneur qui sera offert par le conseil de fabrique, dans le collatéral droit, juste sous les échelles des Armagnacs.
Je vous remercie de votre attention et vous souhaite une très belle cérémonie.