Homélie de notre curé Norbert : 5ème dimanche de Carême

5° Dimanche de Carême A

Alors, Jésus pleura ! Voilà l’une des plus belles phrases de l’Evangile et l’une des plus consolantes. Elles sont importantes pour nous, ces larmes de Jésus accablées par la mort de son ami Lazare et le deuil de Marie et de Marthe. Si Lui, le Fils de Dieu, pleure devant la mort, pourquoi aurions-nous honte de le faire ? Il aime tellement ses frères humains, qu’il pleure avec eux chaque fois qu’ils sont dans la peine.

Ces larmes de Béthanie sont la conséquence de l’amitié qui unissait Jésus à Lazare et sa famille. Voilà encore une belle leçon ! Comme tous les hommes, Jésus avait besoin d’aimer et d’être aimé – besoin de retrouver, au milieu des fatigues de sa prédication, la chaleur d’un foyer ami. Le Fils de Dieu était vraiment homme, pleinement, totalement.

La mort est certes une échéance inévitable. Nous savons aussi qu’elle n’est pas le dernier mot, – qu’elle est une porte ouverte sur la vie. Pourtant, la mort reste pour nous un malheur, un échec, un déchirement, sans doute plus pour ceux qui vivent que pour celui qui meurt. Jésus lui-même sait que la maladie de Lazare « ne conduit pas à la mort ; elle est pour la gloire de Dieu ».

De tout son être pourtant, Jésus en refuse l’idée et la réalité. Tout le combat de Dieu sur la terre est de nous libérer du mal et de la mort. « Je vais ouvrir vos tombeaux » dit le Seigneur à son peuple pour signifier la liberté promise. ( C’était la 1ère lecture). De son côté St Paul dit la même chose quand il écrit que l’Esprit vient habiter en ceux qui croient, pour qu’ils aient la vie. « L’Esprit est vie. Il donnera aussi la vie à vos corps mortels ».
Marthe sait reconnaître dans l’affection de Jésus pour son frère Lazare, la force de l’amour divin qui donne vie. Elle fait preuve d’une confiance totale : « Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Par cette affirmation, Marthe dit également sa foi en Jésus, le Messie, Fils de Dieu.

Jusqu’à présent absent du récit, Lazare peut maintenant reparaître. « Viens dehors » lui crie Jésus. Et celui-ci peut s’en aller, libéré de ses entraves. Jésus lance sans cesse à chacun de nous le même appel : «Lève-toi, viens dehors, viens vivre… ».

Et il invite chacun à partir dans la vraie liberté qu’Il nous donne, lui qui nous libère du mal et du péché. Il transforme en larmes de joie, en perles d’espérance, les larmes de deuil et de peur que nous lui confions en lui disant : « Oui, Seigneur, je le crois, tu es le Fils du Dieu vivant ».

NW